Le compte d'auteur et l'autoédition (les différences) PDF Imprimer Envoyer

Il y a une différence entre publier à compte d’auteur et l’autoédition. Les éditeurs traditionnels assument ordinairement cinq rôles : le choix des manuscrits, la révision, la fabrication, la distribution et la promotion. Comme il y a beaucoup de personnes qui désirent être publiées et qu’il y a peu d’éditeurs traditionnels disposés à le faire, certains fabricants de livres et des entreprises se sont donné le nom d’éditeur pour combler la demande existante.  Ordinairement, ces « éditeurs » ne font pas partie des organisations des éditeurs traditionnels. Ils se spécialisent à éditer les auteurs qui ne réussissent pas à se faire éditer chez les éditeurs traditionnels. Ils font de la publicité en disant « Auteurs demandés » ou autre formule du genre. Aux États-Unis et au Canada anglais, on les appellent « vanity publishers » ou « subsidy publishers ».  Il est à noter qu’aucun éditeur traditionnel ne fait de telle publicité . Ces « vanity publishers » proposent ordinairement aux auteurs de payer pour qu’ils les aident à éditer leurs livres. Nous ne voulons pas généraliser mais nous ne pouvons que conseiller la prudence, car il y a eu beaucoup d’abus de ce côté. Voici les reproches qu’on leur a faits :

      . ils acceptent tous les manuscrits ou presque (ils assument donc peu ou pas le premier rôle des éditeurs traditionnels, c’est-à-dire le tamisage ou la sélection attentive et minutieuse des écrits proposés pour leur qualité littéraire).


    . ils font rarement un travail sérieux de révision (ils assument donc peu ou pas le deuxième rôle des éditeurs traditionnels, c’est-à-dire la révision en profondeur du texte pour sa structure, sa grammaire, sa syntaxe et tous les autres éléments qui font la qualité de la langue écrite).


    . ils produisent généralement des mises en page, des couvertures de livres de qualité discutable, sinon inférieure, une typographie mal choisie, un papier mal choisi, un texte mal disposé et trop serré, une reliure de qualité inacceptable. En un mot, tout le livre crie « Amateur ».  Certains professionnels du livre américain se vantent de pouvoir reconnaître un livre publié à compte d’auteur dès qu’ils l’ont en main. Ils assument donc peu ou mal le troisième rôle des éditeurs traditionnels, c’est-à-dire la fabrication professionnelle, la lisibilité, l’apparence soignée, la reliure solide, etc.


    . ils n’ont pas de réseau de distribution dans les librairies ou s’ils en ont un, il s’agit d’un réseau très petit pour donner aux auteurs l’impression qu’ils seront en librairies. Ils offrent aussi en général de mettre le titre sur leur site Internet qui n’est généralement pas transactionnel, c’est-à-dire qu’il ne permet pas l’achat en ligne par carte de crédit. Ils assument donc peu ou mal le quatrième rôle de l’éditeur traditionnel, c’est-à-dire la distribution bien organisée.


    . ils offrent peu ou pas de réel support marketing aux auteurs. Une fois le livre imprimé et remis aux auteurs, ceux-ci doivent se débrouiller pour le vendre. Ils offrent généralement un « lancement » aux frais de l’auteur où la presse importante est généralement absente et où seulement quelques amis et membres de la famille sont présents. Ils assument donc peu ou pas le cinquième rôle des éditeurs traditionnels, c’est-à-dire, le marketing de l’œuvre avec des moyens et des budgets raisonnables.


Il existe une multitude de variantes chez les différents « vanity publishers ».  Certains vont faire un  choix plus rigoureux. D’autres feront un travail de révision plus professionnel. Quelques-uns réussiront à fabriquer un livre d’allure acceptable, mais rares sont ceux qui assureront une distribution satisfaisante et un marketing élaboré. De plus, certains ne remettront qu’une petite quantité de livres à l’auteur (par exemple 50), et garderont la majorité des profits des exemplaires que l’auteur réussira à vendre par ses propres efforts. Il y a beaucoup d’histoires d’horreur dans ce domaine. Ceux qui lisent l’anglais pourront le constater en consultant ce site américain qui dénonce les fraudes et les abus des « vanity publishers » (www.sfwa.org/Beware/vanitypublishers.html). Nous ne voulons pas insinuer que tous les éditeurs qui publient en faisant payer les auteurs sont malhonnêtes, mais nous ne saurions trop insister pour que vous soyez extrêmement prudents si vous choisissez cette voie. N’agissez jamais précipitamment, contactez-en plus que moins et analyser tous les contrats avec soin avant de signer quoi que ce soit. N’hésitez pas non plus à consulter des gens plus expérimentés. 

Choisir l’autoédition, c’est choisir d’assumer complètement les cinq rôles de l’éditeur traditionnel. Les difficultés sont donc augmentées. Cependant, beaucoup d’auteurs ont décidé de réaliser leurs rêves de cette manière et bon nombre y ont réussi. La difficulté tient du fait que nous sommes naturellement portés à l’indulgence quand il s’agit de notre propre œuvre et que nous manquons d’objectivité. Mais cette obstacle peut et doit être surmonté. Pour vous aider à assumer le rôle de choisir, vous pourrez consulter et soumettre votre œuvre à la critique. Non pas seulement la critique de votre entourage et de votre famille, car ceux-ci ne voulant pas vous offenser auront tendance à vous donner une opinion favorable sur votre livre. Adressez-vous plutôt à des spécialistes de la langue et du marketing. Multipliez le nombre de lecteurs de votre manuscrit. Accueillez humblement les suggestions et les remarques. Le livre est un produit avec deux composantes : son contenu et son emballage. Vous devez d’abord vous assurer que votre contenu est intéressant, lisible et clair. Vous devrez ensuite passer à l’étape de la révision. La révision doit être faite par des professionnels. Au Canada, vous pourrez trouvez des personnes dont c’est la profession en consultant le site Internet de l’Association canadienne des réviseurs au www.reviseurs.ca/.

Ces personnes pourront revoir votre texte et corriger les erreurs orthotypographiques, syntaxiques, grammaticales et stylistiques. Ils offrent également les services de réécriture de passages mal rédigés. Si vous désirez offrir un produit de qualité au public, vous vous devez de ne pas sauter cette étape essentielle et primordiale. Bien entendu, ces gens ne travaillent pas gratuitement. Arrive ensuite l’étape de la fabrication du livre lui-même. Vous devrez ensuite choisir le format du livre, le type de papier et de reliure, effectuer une mise en page en suivant les règles de l’art concernant la typographie, l’ordre des pages, l’interlignage et le style du livre. Vous devrez aussi porter une attention très particulière sur la qualité de la page couverture. C’est le premier contact qu’a le public avec votre livre. Ici plus qu’ailleurs, vous devez travailler avec des professionnels compétents,  expérimentés et préférablement spécialisés dans ce domaine particulier. L’amateurisme n’a pas sa place quand il s’agit de soigner « l’emballage » de votre produit. Cette étape est aussi essentielle et commande des coûts importants. Vous trouverez beaucoup de renseignements sur ce sujet dans les chapitres 4 et 5. Maintenant que vous avec un livre de qualité entre les mains, vous devez le mettre en marché en planifiant sa distribution. Vous vous devrez d’avoir un plan marketing et de consacrer beaucoup de temps à la promotion de votre œuvre. Le chapitre 6 vous donnera tous les outils nécessaires pour travailler professionnellement. Enfin, la dernière étape consistera à gérer tous les aspects de l’expérience en ayant un solide système de suivi administratif et de comptabilité. 


 
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